| LUTTE SENEGALAISE Tyson, les pistes d’un retour
Depuis la levée de sanction qui pesait sur lui, l’on se pose des questions sur le retour de Mouhamed Ndaw «Tyson». L’Obs balise le chemin que pourrait emprunter le leader de la génération «Buul Faale». De la consultation à la stratégie de communication sans oublier la faisabilité de l’organisation de ses combats en l’absence des promoteurs événementiels, on épluche tout.
Homme de défi
Sa venue avait donné un fouet à coups de millions à l’arène sénégalaise, fortement révolutionnée. La lutte n’étant plus une simple passion devient un véritable phénomène de société où tout le monde trouve son compte. Cachet plus relevé des lutteurs, des sponsors à la pelle, un choix large des promoteurs, des combats alléchants pour les amateurs et une bonne matière pour la presse. Autant de facteurs qui avaient rendu la lutte attractive. Mais la discipline a tendance aujourd’hui à s’essouffler et a besoin d’un leitmotiv pour tirer les wagons, et d’un leader charismatique. Rôle que Mouhamed Ndao Tyson a toujours incarné dans l’arène.
Une image à revendre
Le lutteur a un goût immodéré de l’argent. Quand il s’agit d’en parler, Tyson la joue cartes sur table. «Time is money» n’est pas un simple slogan mais une réalité qu’il matérialise dans chacun de ses actes. On voit mal le leader de la génération Boul Fale laisser filer entre ses droits cette opportunité de se faire à nouveau de l’argent. Il pourrait faire de son retour dans l’arène un véritable fonds de commerce. Un point de presse et une image vendus au plus offrant. Cette bête de la publicité a besoin de se refaire une santé et, avec son retour, les sponsors vont lui dérouler le tapis rouge. C’est un bon support.
Un lutteur businessman
La rareté des promoteurs événementiels ne constitue nullement un obstacle pour le retour de Tyson. Qui peut trouver les moyens d’organiser ses combats en mettant sur pied une structure capable de proposer des cachets intéressants aux autres lutteurs et d’en tirer bénéfice. Dans le passé, Moustapha Gueye avait tenté l’expérience avec Tiger-Production. Même Tyson s’y est essayé mais de manière informelle si l’on sait qu’il a toujours participé d’une manière ou d’une autre aux montages de ses combats. Avec la complicité de Petit Mbaye qui, depuis la retraite du leader de la génération «Bùùl Faale», a du mal à organiser un combat et à honorer ses engagements. C’est dire que Tyson n’a jamais été à la merci des promoteurs. Seulement, il devra cette fois-ci être au-devant de la scène. Dans ce sens, sa structure Tyson Business Compagnie, TBC, pourra lui servir de relais comme l’avait fait, en son temps, Action 2000 des frères Mbaye (Alioune Petit et Boubacar).
Récemment, certains observateurs de la lutte ont prêté à Mouhamed Ndao des ambitions de promoteur quand il a fait des démarches pour sauver le combat Tapha Guèye-Eumeu Sène en proposant des sponsors prêts à débourser 30 millions.
Un engagement à respecter ?
À quoi bon de faire des médiations si l’on n’est pas sûr de la faisabilité de la cause pour laquelle on lutte ? Ces dizaines de bonnes volontés allaient-elles s’investir si elles n’avaient pas le consentement de Tyson à revenir une fois la sanction levée ? La victoire des médiateurs ne saurait se résumer à une simple levée de sanction, mais plutôt à un retour effectif de Tyson dans l’arène. Sinon les efforts seront vains.
L’obstacle de Cheikh en question
Demba Dia est élu au rang de Cheikh mais il continue d’exercer son métier de musicien. Les arguments qui ont poussé les familles omarienne et niassène à faire de Demba Dia et Tyson des Cheikh, elles les ont trouvés eux dans l’exercice de leurs métiers. Même élu Cheikh, Tyson n’a jamais cessé de pratiquer sa passion, la lutte. Il se frotte aux entraînements avec les pensionnaires de son écurie et continue d’entretenir son corps de lutteur. Son métier, il l’a toujours exercé avec la bénédiction des religieux qui ont fait de lui un Cheikh.
Opinion à sensibiliser
L’homme est méthodique, réfléchi et très respectueux de la hiérarchie sociale. Avant chaque décision, il s’est rendu à Kaolack pour d’une part s’expliquer auprès de ses guides religieux et d’autre part tendre une oreille attentive à sa base. Il a toujours procédé ainsi tout en ayant avec lui les arguments pour convaincre. C’est un grand orateur. Par rapport à cette question, la décence veut que le lutteur prenne langue d’abord avec les guides religieux qui avaient fait de lui un Cheikh. Selon des indiscrétions, il pourrait même rencontrer cette semaine la famille Baay.
Source: lobservateur.sn |