| Les critiques de la rédaction :The Constant gardener
TORRIDE, BRÛLANT, DÉCIMANT.
Une belle histoire d’amour dans un cadre sans pareil, le Kenya. Le jardinier du Haut Commissariat britannique et une jeune femme qui s’attaque au volcan pharmaceutique. Comment tester des médicaments dans leur phase béta, médicaments qui ne devraient pas encore être testés sur les hommes, justement sur des hommes, économisant ainsi des millions d’euros, battant les concurrents sur la touche, et sans le moindre risque de poursuite pour les dégâts que cela va produire ? Et en plus en faisant dans l’humanitaire et en cachant l’ignoble derrière la charité médicale. Ils ont fait cela déjà dans les années 50 avec le vaccin contre la polyo, souche cultivée sur des tissus reinaux de singes de l’Afrique Occidentale pour les Français et de singes de l’Afrique Equatoriale (grâce à un peu d’aide de la Belgique) pour les Américains. Ces singes étaient porteurs endémiques de ce qui va devenir le célèbre virus du SIDA. On sait la suite : ils ont inoculé ce virus à des dizaines de millions d’enfants avec une période de latence de vingt à trente ans. On constate aujourd’hui la catastrophe. Les laboratoires n’ont toujours pas ni présenté des excuses, ni réparés les dégâts. Et d’ailleurs comment pourraient-ils le faire ? Surtout que rien ne peut plus être vraiment enquêté car les laboratoires ont brûlé depuis longtemps leurs archives. C’est du moins ce qu’ils ont répondu après la publication à Londres, dans une revue médicale, d’un article sur la question. Il est indispensable d’aller voir ce film, même s’il est un peu trop brut, pour voir l’hypocrisie des grands groupes industriels occidentaux dans leurs rapports avec les pays africains, et d’autres. Le regret que l’on peut avoir c’est que la nouvelle donne qui se dessine n’est pas prise encore en compte, cette nouvelle alliance des pays les plus pauvres, l’Afrique et l’Amérique Latine en tête, autour des pays émergents, Chine, Inde, Brésil, Vénezuela, et quelques autres. C’est dans la médecine que l’on comprend vraiment que l’on a affaire à un service public qui devrait être retiré de la logique mercantile. Et dire que nous risquons de voir cela fait avant le cataclysme du réchauffement que certains nous promettent pour 2050. Un film coup de poing à ne pas manquer.
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