| CINEMA - Festival international du film de quartier : Idrissa Ouédraogo pour le septième clap
Du 15 au 20 décembre prochains, se tiendra à Dakar la 7ème édition du Festival international du film de quartier, le seul Festival de cinéma (de vidéo pour être précis) digne de ce nom à Dakar, depuis que Les «Recidak» ont perdu de la vitesse, n’ayant pas eu lieu alors qu’ils étaient prévus l’an dernier.
Créé et organisé depuis 1999 par l’équipe du Média Centre de Dakar (école de formation à l’audio-visuel), le Festival international du film de quartier continue tranquillement son bonhomme de chemin, malgré les nombreuses difficultés logistiques et financières.
Le Festival sera parrainé par le cinéaste burkinabé, Idrissa Ouédraogo (Yaaba, Samba Traoré, Le cri du cœur, Afrique mon Afrique), qui succèdera à cette occasion, entre autres, au Doyen Ousmane Sembène ou encore aux cinéastes sénégalais Moussa Touré et Moussa Sène Absa.
Au programme, deux compétitions : les films d’écoles (16 films représenteront 6 pays) et la compétition internationale (22 films, 16 pays). Deux jurys différents accorderont des récompenses aux meilleurs films, dans les deux sélections.
Par ailleurs, auront lieu des projections de films d’animation réalisés par des jeunes formés au Média Centre et au Studio Pictoon de Dakar, mais aussi le projet «storylines» initié par le British Council à Dakar, en collaboration avec le Média Centre et ayant réuni cinq jeunes cinéastes africains (Sénégal, Sierra Léone, Ghana, Cameroun et Nigeria) et cinq réalisateurs anglais, pour aboutir à dix courts-métrages qui seront présentés lors du Festival.
Outre les compétitions proprement dites, la ville sera constamment animée, pendant ces cinq jours, par de nombreuses activités culturelles et artistiques.
Sont aussi prévues des ateliers (dont une classe de cinéma animée par Idrissa Ouédraogo, le 16 décembre au Média Centre, à 10 heures, ouverte à tous), des réunions de critiques de cinéma, des expositions de plasticiens (Marthe Dieng, Mamadou Sow, Kambel Dieng, Gileen Diop), un sculpteur (Auro Nalia Ndiaye), une photographe (Elsa Beaumont) ayant travaillé avec le designer El Hadj Hane (Kaay Fi), des concerts de groupes sénégalais, marocains et français (Ahmet Soultane, Afrodisiac, Fafady), des défilés de mode en rollers (cf l’association Accro roller du styliste sénégalais très en vogue ces temps-ci, Siguil). Enfin, un clin d’œil est fait sur le cinéma allemand, l’Allemagne étant cette année à l’honneur. Il faut préciser que chaque année, un pays est invité par le Festival du film de quartier à montrer quelques échantillons de sa jeune cinématographie.
Moussa Guèye, Président d’honneur du Festival et directeur du Média Centre, a insisté, lors de la conférence de presse qui avait lieu jeudi matin, sur le fait que cet événement, de plus en plus, tendait à s’aligner sur le concept sénégalais de pénc, une autre façon de concevoir la transmission du savoir et du savoir-faire, dans la lignée de la tradition africaine.
Entouré d’Oumar Ndiaye, Secrétaire général du Festival, et de leurs principaux collaborateurs (Modibo Diawara, Martine Canaple), Moussa Guèye a décrit la plupart des films présentés comme «des regards de jeunes cinéastes sur leur quotidien et leur environnement». Pour lui, l’audiovisuel représente plus que jamais un important support de réflexion sur nos sociétés.
En cela, le projet est double : A l’aspect culturel, artistique, s’ajoute définitivement un aspect politique.
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