| TAMBACOUNDA : MAINTIEN A L’ECOLE-Le Fawe motive davantage les filles
La formule est connue. Depuis maintenant trois ans, le FAWE tient, à Tambacounda, des journées « carrière » à l’intention de leurs filles boursières. L’exercice consiste à mettre en face des filles, des femmes dites « modèles » pour des échanges ayant comme finalité d’inciter davantage les filles à accéder et à rester à l’école, pour qu’elles puissent, au finish, embrasser de très belles carrières au service de leur pays.
Malgré les crises cycliques qui secouent et paralysent le système éducatif dans la région orientale, la cinquantaine de filles boursières de FAWE n’a pas manqué le très important rendez-vous de ce samedi au lycée Mame Cheikh Mbaye de Tambacounda, consacré à la tenue d’une journée carrière. La formule consiste à mettre régulièrement les filles en face de femmes « modèles » ayant, malgré de nombreux obstacles s’étant dressés devant elles, réussi à se frayer un passage dans la société comme agents émérites de l’administration.
Mmes Sène et Bâ, respectivement directrice de l’école « Abattoirs », un établissement de douze classes et agent au bureau de la planification de l’inspection d’accadémie, ont mesuré devant les filles, le chemin parcouru. La leçon que toutes les filles ont intériorisée est que les deux dames ont été « mentalement solides et courageuses ». Face à leur folle envie de réussir et de voler au chevet de leurs familles, elles ont, malgré les innombrables difficultés rencontrées, tenu, comme à la prunelle de leurs yeux, à continuer.
Aujourd’hui, elles sont devenues ce qu’elles sont et auraient pu aller plus loin, n’eurent été quelques contraintes d’ordre familial. L’inoxydable inspecteur d’académie qui présidait la manifestation s’engouffrera dans la brèche pour avancer qu’à ce jour, la région compte 9 directrices d’écoles et que les actions de FAWE et tant d’autres structures méritent d’être saluées et consolidées parce que contribuant largement à réduire les écarts entre garçons et filles, mieux, à accroître sensiblement les performances des filles.
En 2005, par exemple, dix des onze filles boursières de FAWE ont décroché le baccalauréat et en 2006 également, neuf sur dix ont réussi à mettre en poche leur premier diplôme universitaire. De très bonnes performances à mettre à l’actif de la méthode FAWE qui ne consiste pas à donner de l’argent mais à mettre à la disposition des filles sélectionnées selon des critères d’excellence, des outils pédagogiques adaptés et un encadrement rapproché de qualité. Les cinquante filles présentement prises en charge font partie des 10 meilleures à l’entrée en sixième et avec une moyenne de 12 en sixième, elles intègrent les clubs de l’excellence des différents collèges qu’elles devront quitter si toutefois elles font moins que cela. Le seul hic, dira Djibril Diallo, le point focal de Tambacounda, est « qu’il arrive que certains parents renoncent à la bourse étrangère mise à la disposition de leur fille tout simplement parce qu’il arrive que par moments la mobilisation de la bourse accuse du retard. »
Face à la nécessité pour les parents de prendre en charge les titres de transport et certains problèmes, « certains préfèrent renoncer tout bonnement », ajoute M. Diallo. Les multiples efforts fournis par ces acteurs de l’école sont fortement appréciés par les parents d’élèves qui demandent que ces belles initiatives puissent toucher le maximum de filles possibles.
source: sudonline |