Lauréat, le 10 novembre 2005, à Dakar (Sénégal), du «Prix RFI Musiques du monde», devant un jury international, présidé par Jacob Desvarieux, du mythique groupe Kassav, le chanteur capverdien Tcheka, de son vrai nom Manuel Lopes Andrade, a livré un concert fort réussi, le samedi 28 janvier dernier, au Centre culturel français de Brazzaville. Dans le cadre de sa tournée-promo en Afrique centrale. Peu avant qu’il ne s’envole pour Luanda, en Angola, la prochaine étape de sa tournée, l’artiste a bien voulu accorder une interview à Top Visages.
Tout d’abord, quelles sont vos impressions, après votre premier concert livré à Brazza ? - Franchement, je dois vous dire que je pars d’ici avec de très bonnes impressions. Voilà pourquoi j’espère bien revenir jouer à Brazza. Où j’ai été très impressionné par le public, qui a été très sympa, avec moi.
• Vous parlez portugais et anglais, me suis-je laissé dire, mais vous chantez uniquement en créole, y a-t-il une raison particulière à cela ? - C’est parce que, tout simplement, je veux perpétuer le créole qui est ma langue d’expression.
• On sait que votre vrai nom est Manuel Lopes Andrade. Mais, d’où tenez-vous votre petit nom Tcheka ? - A vrai dire, je ne sais pas. Vous savez, c’est une tradition au Cap Vert que d’avoir un surnom. Et c’est depuis que j’avais un mois qu’on m’a donné ce petit nom. Tout le monde m’appelait Tcheka, et j’ai grandi avec.
• Pouvez-vous nous parler, de manière concise, de vos débuts dans la musique ? - C’est depuis le bas âge que j’ai commencé à faire de la musique, aux côtés de mon père (NDLR: Nho Raul Andrade, un violoniste très populaire dans les bals et les fêtes de village de l’île de Santiago). J’avais neuf ans, quand j’ai commencé à jouer de la guitare et à me produire sur scène, je dirais plus par obligation que par choix. A 15 ans, j’ai commencé à développer un style plus personnel basé sur le batuque, un des rythmes populaires de l'île de Santiago, dans l’archipel du Cap Vert. Un rythme originellement dévolu aux femmes. Après, j’ai quitté la campagne pour Praia. Où j’ai embrassé une carrière de cameraman, à la Télévision nationale capverdienne. S’en est suivie la rencontre avec le journaliste Julio Rodrigues avec qui j’ai signé plusieurs compositions et je jouais, de façon informelle, dans les bars de la capitale capverdienne. Après quoi, j’ai signé mon premier album : «Argui !» (Ndlr: en créole, se lever, se mettre debout), et mon tout dernier : «Nu Monda».
• Pouvez-vous nous dire un mot sur votre expérience de caméraman ? - Le métier de caméraman, je l’ai exercé à Praia, à la Télévision nationale capverdienne. C’est mon second job, je l’adore. Mais, rassurez-vous, ce n’est pas tout ce que je sais faire, dans la vie. En effet, j’ai aussi fait de la réalisation et du montage. Et le moins que je puisse dire est que tous ces métiers sont toujours proches de moi. Mais, pour le moment, c’est la musique qui me préoccupe.
• En novembre 2005, vous avez décroché la timbale du prix «RFI Musiques du monde», devant un jury international présidé par Jacob Desvarieux. Que représente, pour vous, ce prix ? - Le prix «RFI Musiques du monde» que j’ai remporté, dernièrement, est très important, pour moi. En tout cas, cette distinction m’a permis de figurer parmi les artistes qui font connaître la musique capverdienne, et font découvrir le créole, en dehors du Cap Vert.
• Pouvez-vous nous dire un mot sur votre groupe ? - Mon groupe existe depuis à peu près un an. Il est composé de quatre personnes. En tout cas, je suis très fier de travailler avec mes excellents musiciens qui sont tous du Cap Vert.
• Que veut dire «Nu Manda», le titre de votre deuxième opus qui comprend 12 chansons ? - «Nu Manda», c’est comme entretenir une plante, enlever les mauvaises herbes, afin qu’elle puisse grandir et s’épanouir. C’est une espèce de parabole que j’ai utilisée et je trouve que cela cadre bien avec le domaine de la musique.
• Quel est le plus grand rêve de Tcheka ? - Mon plus grand rêve? C’est d’arriver à vivre du métier de la musique et continuer à développer ma carrière artistique, pouvoir voyager et me produire, à travers le monde entier.
• Que réservez-vous à vos fans, pour cette année 2006 ? - Plein de productions, à travers le monde entier, pour montrer ce que j’ai fait dans mon deuxième album, en tout cas, ce que j’ai fait, jusqu’à présent. Et puis, pour la fin de l’année, bien évidemment, un troisième album. Top Visages
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