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    Chantal Taïba, la voix de la paix

    La chanteuse ivoirienne mêle avec bonheur sonorités africaines et occidentales.

    Elle occupe la scène depuis vingt ans. L’Ivoirienne Chantal Taïba revient avec Femme d’honneur. Nourri de sonorités africaines et occidentales, son huitième album confirme ses talents d’artiste et exprime ses préoccupations face à l’avenir de la Côte d’Ivoire déchirée par les conflits politiques et ethniques.
    Née à Tabou, dans le sud-ouest du pays, Chantal Taïba grandit à Abidjan, dans le fameux quartier de Marcory. Avec sa voix douce et expressive, on lui demande de pousser la chansonnette en toute occasion : mariages, baptêmes, fêtes… De prestation en prestation, cela finit par devenir une passion. En 1982, elle rencontre le chef de l’orchestre de la télévision ivoirienne, Assalé Best, qui la recrute comme choriste. Elle a 17 ans. L’année suivante, elle sort son premier album, Ayo Se (« Bravo », en langue bétée). C’est le succès.

    Le comité d’organisation de la CAN 84 (Coupe d’Afrique des nations de football) lui demande d’adapter le texte pour l’événement. Chantal enflamme les foules en intégrant les noms des vedettes Abdoulaye Traoré, Gadji Celi, Youssouf Fofana… Ayo Se devient l’hymne des Éléphants, l’équipe nationale. Et ses mélodies traversent les frontières pour conquérir l’Afrique.

    En 1986, Chantal décroche le Prix de la révélation africaine à Paris. Elle chante en kroumen, sa langue maternelle, mais également en bété, dioula, baoulé, bambara, lingala, français et anglais. Et pratique le matiko, une danse de réjouissances que les femmes krous du Sud-Ouest exécutent au moment des récoltes. Le chant se déploie crescendo, soutenu par les battements de tam-tams. Les paroles de ses chansons traduisent le rêve de réconciliation nationale, fil conducteur de l’album Femme d’honneur. « La paix, chante-t-elle, n’était pas un vain mot mais un comportement, voire une seconde religion pour tous les Ivoiriens. » Comme implorant une minute de silence pour les morts, elle poursuit : « Mais que s’est-il passé pour que des Ivoiriens s’en prennent à la mère patrie ? Le sang a coulé, coulé. Côte d’Ivoire, aayyoo », déclare-t-elle dans un duo avec Soum Bill dont la voix rauque exprime à merveille la douleur.

    Après le titre Nalakami qui fustige guerres, famines et maladies sur le continent, Chantal a choisi de rendre hommage aux femmes. Dans le titre phare, « Femme d’honneur », la présidente de l’Association Acor (Artistes au cœur d’or) qui œuvre à l’assistance et à la protection des artistes en difficulté veut rendre justice aux femmes. « Pourquoi devraient-elles rester dans l’ombre des hommes ? Derrière chaque homme qui réussit se cache une femme. »
    jeuneafrique

     

     

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