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    Consty Eka, organisateur de spectacles : la Côte d'Ivoire est toujours dans mon coeur !

    Consty Eka vit désormais à Paris. Pratiquement absent de la Côte d'Ivoire depuis quatre ans, le promoteur des Awards n'a pas encore dit son dernier mot...

    La question que tout le monde se pose à Abidjan est celle-ci: que devient Consty ?

    Eh bien ! Je me porte comme un charme. Je vis plus ou moins entre deux avions. De Paris à Yaoundé en passant par Abidjan. Je m'occupe de mes affaires. A part cela tout va bien.

    L'on parle beaucoup d'une radio que vous comptez ouvrir au Cameroun.

    Elle n'a pas encore vu le jour, mais cela ne saurait tarder. Je l'ai baptisée Voltage 2. Sa fréquence est de 95.5 à Yaoundé et de 97.5 à Douala, avec un satellite permettant la couverture du territoire national. Tout ceci pour la simple raison que, comme mes frangins de Côte d'ivoire le savent bien, je ne fais jamais rien au rabais.

    En marge de cette activité, je possède quelques actions dans la première chaîne de télévision privée au Cameroun, Canal 2 International, qui bénéficie elle aussi d'une couverture satellitaire. Voilà un peu ce dont je m'occupe actuellement sur le plan des médias.

    Comment jugez-vous le show business ivoirien après votre départ ?

    Quel départ ? Je ne suis jamais parti de Côte d'Ivoire! La Côte d'Ivoire est toujours dans mon coeur ! Ceci étant je peux dire que mon regard est plutôt satisfaisant. Je ne vous cache pas que j'ai lu avec beaucoup d'intérêt l'interview que vous a accordée le Président Florentin Duarte dans les colonnes de Fraternité-Matin. Interview au cours de laquelle il évoquait les balles qui sifflaient dans ses oreilles lors de l'éclatement de la crise en septembre 2002. Moi je n'ai pas eu l'occasion de vivre ce drame-là parce que j'étais quasiment en retrait de mes activités en Côte d'Ivoire. Puisque je préparais des numéros de mon émission "Confidences", où je rencontre des personnalités de ce monde. Cela dit, j'ai toujours continué à tisser ce que j'ai entrepris par le passé, c'est-à-dire un pont aérien culturel entre l'Afrique Centrale et la Côte d'Ivoire.

    J'ai fait venir à Douala et Libreville de nombreux artistes ivoiriens au nombre desquels Alpha Blondy, Meiway, RAS, les Guignols d'Abidjan, Bailly Spinto, les Tueuses du Mapouka et bien d'autres. C'est d'ailleurs une activité que je mène depuis 1996 avec la collaboration de Macy Domingo et de mon frère Yves Zogbo Junior. Vous le savez très bien du reste.

    Vos bureaux sis en plein coeur du Plateau ont été saccagés au début de la crise. C'est un grand sentiment de tristesse n'est-ce pas ?

    Oui ! Un sentiment de profonde tristesse car j'ai toujours juré que le jour où rencontrerai un des dirigeants de mon pays d'adoption, la Côte d'Ivoire, je lui dirai quand même qu'après avoir tout ce que j'ai fait dans ce pays, après acheté avoir rubis sur ongle mes propres locaux, après avoir contribué à valoriser la musique ivoirienne et les artistes ivoiriens en payant tous mes droits. Après avoir souffert du pillage systématique de mes bureaux dans lesquels travaillaient des Ivoiriens. Aujourd'hui, je ne suis satisfait que d'une chose: la Cekam peut se vanter d'avoir été à l'origine de la réalisation de certains films publicitaires qui ont fait la fierté de la Côte d'Ivoire. Ceux qui me liront comprendront de quoi je parle. Ce que je ressens aujourd'hui, c'est un peu ce qu'un fils diplômé ressent lorsqu'il perd son travail, sachant que son père s'est ruiné pour sa réussite.

    La Cekam Productions gérait aussi les Awards, la Nuit du Prestige, etc. Que sont devenus tous ces concepts?

    Vous savez, être précurseur dans la vie, c'est très très compliqué. Grâce au président Duarte, beaucoup de mes concepts ont eu la chance d'éclater au grand jour. Sans amertume aucune, cher ami, je dirai que je demeure très fier d'avoir créé des évènements que certains de mes frères africains regardaient comme les vaches normandes regardent passer le train. Savoir aujourd'hui que tous ces concepts ont été pillés me fait -je vous l'avoue- un tout petit peu mal. J'avais tout pour organiser mes Awards à Paris puisque j'avais eu des contacts suivis avec des financiers français. Pareil pour New York et l'Afrique du Sud qui ne demandait qu'à valoriser la culture du continent noir. Mais moi, je voulais vendre la Côte d'Ivoire ! Vous comprenez ?

    Vendre comment ça ?

    Vendre l'image de la Côte d'Ivoire si vous préfèrez (Rires...) De voir que certains de mes frères artistes de Côte d'Ivoire ont préféré partir en Afrique du Sud (NDLR allusion aux Trophées Kora) chez des gens qui avaient systématiquement plagié les Awards. Cela m'a beaucoup chagriné

    Alors, les Awards sont-ils morts enterrés ou bien alors... ?

    Jamais ! Ils ne sont pas morts ! Ils reviendront dans une forme tout à fait explosive car le Consty Eka des années 90 n'est pas celui des années 2000.

    Justement, est-ce que Consty est maintenant devenu plus mature, plus posé?

    Nooon! Ce n'est pas une question de maturité, ni de relation. Mes atouts sont toujours là, ce sont des choses qui s'entretiennent. Vous savez, moi j'ai très très peur des nouveaux amis. Or en matière de showbiz, il n'y a pas de nouveaux amis. Ça c'est une règle d'or ! Pour en revenir aux Awards, eh bien ! ils sont là, ils existent, sauf que cela coûte beaucoup d'argent. Je profite de vos colonnes pour tirer mon chapeau à Mme Ouattara et au président Duarte qui avaient aidé à la réalisation de ce concept à l'époque de la très belle Côte d'Ivoire. Où les choses se passaient bien. Les Awards ressurgiront sous une autre forme. Mais que l'on sache que si le choix d'une autre capitale africaine se fait, ce serait vraiment à contre coeur. Car la Côte d'Ivoire a toujours été le poumon de mes activités en matière de spectacles.

    L'on vous voit souvent avec M. Duarte votre véritable mentor ici à Paris. Préparez-vous quelque chose ?

    Je vais vous dire une chose : M. Duarte fait un peu partie de ma famille aujourd'hui. Mais sur le plan professionnel, j'ai d'autres mentors. Je vais citer Georges Collinet de La Voix de l'Amérique, que j'ai fait venir pour la première fois en Côte d'Ivoire. C'est un grand monsieur qui m'a prodigué des conseils qui m'ont beaucoup servi. Ce grand animateur de radio qui a créé une émission, Afro World Pop Line diffusée sur 500 chaînes câblées aux Etats-Unis, m'a toujours dit ceci : Ne crache jamais dans la soupe. J'ai également des relations amicales avec Michel Drucker de France Télévisions. Il est prêt à me donner un coup de main le moment venu.

    A propos, c'est bien vous qui avez présenté Drucker votre ami Junior ?

    Non! Non! Les choses se sont faites séparément.

    Vous êtes bien toujours bons amis ou alors ...

    Junior c'est mon frère ! Il n'y a jamais eu de guerre. Junior c'est mon frère. Un point un trait.

    Vous parlez sans doute avec M. Duarte de la carrière de Pierrette parce que l'on peut dire que vous l'avez beaucoup aidée ?

    Mais pas du tout ! J'ai apporté ma modeste contribution à son essor. Il ne faut pas perdre de vue que des talents comme Boncana Maïga ont eux aussi oeuvré pour sa réussite continentale. Sans compter son mari lui-même ! Car les meilleurs managers des grandes artistes sont leurs maris. Regardez Céline Dion et René son mari !

    Tout à l'heure vous me demandiez ce que je prépare avec M. Duarte, eh bien ! j'ai juré d'être le premier à faire passer Pierrette Adams sur la chaîne de télévision française M6. C'est mon défi pour 2006, vous savez que j'ai toujours été un homme de défi ! Cela fait donc partie des choses pour lesquelles je discute longuement avec le Président Duarte.

    Aujourd'hui, il est à la retraite. Est-ce que les choses ne seront pas un peu plus compliquées pour vous ?

    Bien au contraire, à l'époque où il était aux affaires, il ne me consacrait que 10 minutes tout au plus par jour alors que vous savez que je suis très bavard. J'aime bien prendre mon temps pour exposer mes projets. Aujourd'hui qu'il fait valoir ses droits à la retraite, il est plus attentif, il a beaucoup plus le temps de m'écouter et de discuter des sujets que je lui soumets. Notamment au sujet de son épouse. Il a d'ailleurs été le premier à qui j'ai annoncé l'obtention de l'autorisation de fréquence de ma radio au Cameroun. Et aussi le premier à qui j'ai annoncé que j'avais des actions dans une grande radio ivoirienne.

    Ah bon ! Laquelle ?

    Eh bien je vous apprends que je suis actionnaire à Radio Jam, la radio de mon frère Konian François. Que regrettez-vous le plus en Côte d'Ivoire ?

    Ecoutez ! Je ne passe pratiquement pas six mois sans aller à Abidjan. Sauf que lorsque j'y suis je reste dans mon coin. Je ne sors plus jusqu'à 3 h du matin comme à l'époque, tout simplement à cause de l'insécurité. Et de voir les rues de mon Abidjan aussi désertes au milieu de la nuit, j'ai des larmes aux yeux...

    Avez-vous des voeux ?

    (Il se ressaisit) Je forme des voeux de paix et de bonheur total à toute la Côte d'Ivoire et à ses dirigeants. Dieu fasse que le soleil de l'amitié et des échanges culturels recommence à briller dans le ciel de ce pays leader en Afrique de l'ouest. Interview réalisée
    allafrica

     

     

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