Depuis quelques jours, «Farafina miria», le nouvel album d’Aïcha Koné est dans les bacs. Et le clip passe à la Télé depuis quelques jours. Mais la diva ne s’est pas arrêtée là. Elle n’est pas contente de la situation du bureau des droits d’auteur. La chanteuse annonce son départ du Burida. Hier, vous avez fait un duo avec Gadji Céli. Aujourd’hui, avec «Fa-rafina Miria» (La pensée positive), c’est Meiway. -Il n’ y a pas de mal à être avec Gadji Céli ou Meiway. Pourvu que cela réponde aux aspirations des fans, du public. J’ai une chance quand même ! Tous les duos que j’ai faits ont connus un franc succès. Parce que c’est toujours une découverte. C’est vrai que c’est depuis 1983 que j’ai chanté «Kanméléba». Et puis, vraiment les gens ne cessaient de me le demander pendant mes spectacles. Cela a fait que je l’ai retouché sur mon nouvel album. Mais cette fois-ci avec Meiway qui, sincèrement était à la hauteur. Parce que, ce n’était pas évident par rapport à son genre, son style. Mais il a su entrer dans la peau du Mandingue, et vers la fin, on découvre que c’est Meiway. Parce que là, il ajoute un peu de lui-même, à travers ses qualités vocales, ses envolées «apolloniennes» (rires). Ça a été pour nous aussi, une très bonne expérience. Vraiment, c’était avec un plaisir qu’il a accepté de travailler avec moi, sans exiger un sou en retour.
• De quoi parle «Farafina Miria» ? - De l’amour. Parce que, en tant que berceau de l’humanité, l’Afrique devrait incarner davantage l’amour. L’amour dans le sens du partage, du prochain. Je parle aussi de cette Afrique sans guerre, cette Afrique qui, avec nos différentes langues et différents pays, devait pouvoir regarder dans la même direction. Aujourd’hui, il n’est pas facile d’obtenir un visa pour aller en Europe. Nous avons de nombreux jeunes cadres qui sont là . Mais qu’est-ce qu’il faut faire ? Qu’on exploite nos richesses, nos cultures, afin de nous épanouir ? Parce que, je ne crois pas que la mondialisation le fera pour nous.
• Il semblerait qu’il y a une nouvelle dance qui accompagne tout ça ? - J’ai créé la «Peace mouvance». C’est une nouvelle danse. C’est la mouvance de la paix. Je demande à chacun de donner la main à son prochain, de se faire «attou», (s’embrasser). Dans le clip, vous verrez les jeunes filles et les danseurs faire ce geste. Si ça peut être un concept que les jeunes peuvent exploiter ou inclure dans leur chorégraphie, ça ferait plaisir à la vieille mère. Dans les bars dancing, les maquis etc., je souhaiterais qu’on danse la «Peace mouvance». Tu tends la main à ton prochain, ensuite vous faites l’accolade. Vous dansez un moment. C’est le nouveau concept de la diva, Aïcha Koné. Je souhaiterais aussi que les enfants, les DJ qui savent déjà faire des pas de danse, puissent, à partir de ce qu’ils verront dans mon clip qui passe en ce moment à la télévision, exploiter ça partout où ils seront. Ça va beaucoup changer. Je voudrais aussi ajouter qu’après, il y aura un concours où, le groupe qui aura mieux exploité la «Peace mouvance» sera récompensé par un trophée de l’amour. A bon entendeur ! Salut !
• Un concours pour l’amour ? - Si tu veux ! Mais un vrai concours d’amour (rires). Ma maison de distribution et moi, allons trouver un concept autour, faire venir des gens, des créateurs aussi. Pourquoi pas Don Mike le Gourou, Shanaka… …Dans cette chanson, j’ai créé «Aile de pintade». Le jour où je vais vous inviter chez moi, dans le Nord, ce seront les pintades que vous verrez qui vont commencer le show (rires). Ces créateurs seront les membres du jury. Je crois que j’aurai le temps de mieux peaufiner ça avec certains médias de la place. Avec la maison de distribution et des DJ que je vais faire venir autour de moi. En collaboration avec Kabila de «Magic System», on va trouver ce qu’il faut. Mais, je pense que ça sera le «Trophée de l’amour».
• Aïcha, vous paraissiez mécontente des «Top d’OR» ? - (Rires) ! Pas du tout. Mais au con-traire, je crois qu’il faut encourager cette cérémonie. Parce que c’est un événement musical et culturel qui permet de motiver nos jeunes. Seule-ment, je n’ai pas aimé la catégorie dans laquelle j’étais. C’est tout. Ecoutez ! J’ai commencé le métier en 1974. Je peux parler de ma génération, en citant Reine Pélagie, Jeanne Agnimel. Il y a eu Chantal Taïba qui a suivi. Mais ça me fait quand même 32 ans sur la scène. Et puis, tous ceux dont on entend parler aujourd’hui, sont venus plus tard après moi. Tu comprends, non ! Ce n’est pas une manière de les sous-estimer. Mais, j’ai trouvé que c’était un peu me rabaisser. C’est pas bien ! Il faut me donner la place que je mérite. Mais quand j’étais là, comme chanteuse mandingue de ma génération, je ne crois pas qu’il y en avait. Je ne pense pas. Il faut être réaliste. Il y avait d’autres noms. Mais c’étaient pas celles qui font croire qu’elles étaient là. Non ! Et puis, quand même , j’ai plus de 30 trophées à mon actif. Il y a aussi le fait que ces jeunes sont considérés comme mes enfants. Il ne faudrait pas qu’on nous mette ensemble. …Aujourd’hui, je sors pour aller prendre des trophées à l’extérieur, pour honorer le banc culturel de mon pays. Je ne suis pas en reste en Afrique, quand on parle des chanteuses africaines. Alors, qu’on ne me confonde pas quand même, avec des chanteuses locales. Parce que j’ai fait mes preuves à l’extérieur pour ce pays. Je me suis battue au plan international. Ce n’est pas le même itinéraire. Ce n’est pas non plus les mêmes années. Je n’ai rien contre. Mais qu’on me donne ma place (rires).
• C’est méchant ça ! - Non ! Je ne suis pas rancunière. Je dis que les «Top d’Or», c’est bon. Parce qu’autant nous, nous sommes appelés ailleurs pour prendre des prix, autant qu’on nous fasse venir d’autres artistes ici pour la même chose. Je suis vice-présidente, après le grand frère Pierre Akendégué du «Codefria». C’est une organisation qui se bat pour qu’il y ait des échanges de plateaux sur le plan culturel. Parce qu’on trouve que l’Afrique a trop tendance à se cantonner sur elle-même avec une culture. Donc maintenant, il faudrait qu’il y ait des plateaux où, on fera des échanges de cultures. Ceux-ci nous permettront de nous connaître mieux, surtout avec les publicités. C’est pourquoi, je dis qu’il faut que RTI-Music essaie de faciliter les choses. Parce qu’une artiste comme Coumba Gawlo ou Oumar Pène arrive ici, on lui exigera de payer une certaine somme. Mais est-ce que, quand leurs confrères ivoiriens vont prendre des prix dans leur pays (le Sénégal), quand les clips de ceux ci passent à la Télévision sénégalaise, leur demande-t-on de payer quelque chose ? Je pense qu’il faut voir ce côté-là. Parce que ailleurs, les artistes boudent cette pratique à la Télévision de chez nous. Ils disent que nous sommes tous de la sous-région, on n’a pas les mêmes moyens, pourtant, on nous aime, on passe nos clips chez eux. Je souhaiterais que sur le plan culturel, on fasse cette ouverture. Pour que les choses se fassent de façon plus fluide. Je n’ai rien contre notre Télévision, hein ! Ni contre Barthélémy Inabo qui est un pote. Mais souvent, ça nous bloque. On a un problème de xénophobie. Donc, sur le plan culturel, il faut qu’on voie cette image. Nous sommes dans l’époque du donner et du recevoir. Que l’Afrique entre dans ça.
• Votre sentiment sur la situation au Burida ? - Je compte quitter le Burida. Je ne le comprends plus. Je ne m’y retrouve plus. Je vais déposer ma lettre de démission partielle. On m’a manqué de courtoisie. Au cours d’une communication téléphonique au Burida, pour exprimer mon désir de déposer cette lettre, la réponse de mon interlocutrice laissait entrevoir qu’on s’en fout de ma démission. J’ai l’impression que le personnel autour de la Directrice ignore qu’il est là pour les artistes. Qu’il sache que je fais partie de ceux qui ont ouvert le Burida. J’étais membre de la «Sacem» depuis 1976. C’est après qu’il y a eu le Burida. Je retourne à la «Sacem» en France. De deux, je ne veux plus avoir les mêmes problèmes que «Yiriba». La plupart des gens qui ont travaillé avec moi sont en Europe. Concernant leurs droits, il ne faudrait pas qu’on me dise, ils ne sont pas là ; ils ne peuvent pas signer. Comme si le Burida ne devait pas chercher comment trouver la solution à ce genre de problème. Etant entendu que je ne veux pas vivre les mêmes problèmes que «Yiriba», je préfère informer tout le monde. Il faut que j’aille où je peux toucher normalement mes droits. En le faisant, j’évite aussi des problèmes à ceux qui ont accepté de m’aider, de travailler avec moi. Je ne veux plus…
• Avec les Sœurs Camara, vous vous êtes signalée dans la production. L’expérience semble avoir été malheureuse. - Oh non ! Pas malheureuse. Ce sont mes griotes. Ça a été un plaisir pour moi de leur offrir cette cassette. Je leur ai offert aussi tous les droits. Mais elles n’ont pas le temps. Elles sont dans les «Djembé» où elles gagnent mieux. On verra plus tard. topvisages |