Peintre de renom, Mongo Etsion est un artiste complet. Il pratique la photographie et sculpte le bois, la pierre, le bronze, le verre, les plastiques, etc. «Je sculpte sur tout ce qui accepte de prendre une forme», confie-t-il. Remy est à l'aise dans la mécanique auto, la chaudronnerie, la psychologie, la sociologie et les relations internationales dont-il est détenteur d'un diplôme d'études supérieures (DES). Dans le domaine de l'art, Mongo Etsion est un autodidacte malgré son passage éphémère à l'Ecole de peinture de Poto-Poto. Né en 1956 à Brazzaville, l'artiste jouit d'une riche et abondante expérience. Il réalise actuellement 44 ans d'illustration, 41 ans de sculpture, 38 de peinture et de photographie.
Les œuvres de Remy sont influencées par les images Téké, l'un des groupes ethniques du Congo. Le dessin et le cinéma ont contribué largement à l'épanouissement de l'artiste qui garde une image impérissable de l'avènement de la télévision en République du Congo en 1962.
Fils d'un ancien cartographe, Mongo Etsion a appris à forger et à sculpter auprès de son grand-père à Inoni Falaise, localité située à environ 200 km au nord de Brazzaville. En 1968 à la Place de la Poste à Brazzaville, l'artiste a vendu ses deux premières toiles dont l'une portait sur la naissance de la naissance de Dieu et l'autre sur le sang de la faim.
Sur le titre de la seconde toile, Remy évoquait en ce temps là, les phénomènes observés actuellement dans le monde. «Si la faim se met à saigner que deviendrons nous ?», s'interroge l'artiste. Au regard de ses œuvres, Remy se distingue des autres artistes congolais non seulement en raison du champ élargi de ses connaissances, mais aussi de la sobriété de ses œuvres.
Artiste engagé, Remy l'est aussi. Les conflits armés que le pays a connus ont donné manière à réflexion à l'artiste. Avec du bois, du bronze ou les plastiques, l'artiste réalise parfois des images dénonçant les violences faites à l'égard des femmes pendant les périodes de troubles.
Contrairement aux autres artistes congolais, les œuvres de Remy sont plus consommées par les Congolais que par les ressortissants étrangers. Mais, l'artiste est souvent sollicité pour exposer à de grandes rencontres internationales. Le bronze utilisé par Remy provient des épaves des congélateurs, des robinets, des ventilateurs, des étuis et douilles des obus, etc.
Mongo Etsion a déjà exposé ses œuvres dans plusieurs pays d'Afrique, d'Amérique du Nord et Latine, d'Europe, d'Asie et de l'Océanie. Il est médaillé d'argent aux deuxièmes Jeux de la Francophonie, organisés en 1994 à Paris (France). Cette médaille lui a valu la distinction de deuxième sculpteur mondial des pays francophones.
Entre 1992,1995 et 1998, l'artiste a exposé et pris part aux ateliers de formation aux USA, en Namibie, en Afrique du Sud, au Sénégal, etc. Très attaché à l'art, Remy a initié une exposition panafricaine à Brazzaville, dénommée Ayira, regroupant une douzaine d'artistes des pays tels, la République démocratique du Congo (RDC), la République centrafricaine (RCA), le Cameroun, le Gabon, le Burkina Faso et la Guinée Equatoriale.
La première édition de l'exposition Ayira a été organisée en 1996 sur l'esplanade de la mairie de Brazzaville et portait sur la peinture et la sculpture. Outre les expositions d'œuvres d'art, les spécialistes africains animent des ateliers au cours des éditions de l'exposition Ayira.
Mongo Etsion fond, coule et taille le verre dont-il est spécialiste entre le Congo-Brazzaville et le Congo-Kinshasa. Il s'est marié avec Béa Matt, artiste travaillant sur la peinture, la sculpture et le design. Béa Matt est aussi éducatrice, spécialisée dans l'éducation des enfants en difficultés. congo-site |