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    Mpongo Love, image gravée dans la mémoire musicale congolaise 16 ans après

    NAISSANCE ET JEUNESSE

    Grande chanteuse devant l'Eternel, Aimée Françoise Mpongo Landu, elle est née dans la ville portuaire de Boma, en 1956 où son père, un officier militaire dirigeait la base militaire. En 1960, à l'âge de quatre ans, une piqûre de pénicilline la rende totalement paralysée. Une année après, en 1961, elle perd son père, tué dans un règlement de compte politico-militaire. En 1962, au bout de deux ans de soins, elle retrouve l'usage de ses deux jambes, mais malheureusement, elle en conserve une légère malformation. Elle commence ses études primaires à l'école Notre-Dame de Boma, où elle s'initie au chant à la chorale.

    DEBUT DE SA CARRIERE MUSICALE

    Ancienne secrétaire de direction dans la firme Districars de feu Dokolo, spécialisé dans la vente des véhicules Mazda, elle se convertie à la musique, grâce à l'une de ses amies copines à Deyess Empompo, saxophoniste de Rochereau Tabu Ley, qui devient rapidement son encadreur. Sous la férule d'Empompo, elle monte l'orchestre Tcheke Tcheke Love. Empompo lui recrute des musiciens et compose pour lui ses premières oeuvres. Elle a 19 ans et devient Mpongo « Love », traduction anglaise de son prénom « Aimée ». Elle se lance dans la chanson avec le titre «Pas possible Maty » en 1976. Succès immédiat et carrière époustouflante grâce à Deyess Empompo Loway. Elle donne son premier concert au Ciné Palladium, l'actuel Cinépolis sur le Boulevard du 30 Juin, avec le Tout Choc Zaïko Langa Langa. C'est une production de la Radio-Télé-Publicité, la Rtp, qui fut un service de la radiodiffusion nationale, l'Owrt, dirigé par Mateta Kanda. L'originalité de sa voix limpide, aiguë, légèrement nasa le, aux intonations fragiles et précises lui vaut un succès très immédiat.

    LA CONSECRATION

    Dès 1977, Mpongo Love accompagnée de l'orchestre « Les Ya Tupa's », avec Ray Lema, Alfred Nzimbi, Pépé Manuaku Bopol Mansiamina, Bony Mbikayi, Kapela et Bastia Nama. Elle apparaît sur la scène musicale et chante des textes des grands auteurs et compositeurs zaïrois de l'époque, notamment Freddy Mayaula Mayoni, Simaro Lutumba et Souzy Kaseya, ces derniers prêtèrent main forte à Empompo pour la formation, l'encadrement et la propulsion définitive de Mpongo Love.

    Elle commence à composer elle-même ses oeuvres musicales et multiplient les arrangements. Mpongo Love lance plusieurs chansons à succès notamment « Ndaya», oeuvre de Mayaula, qui évoque la polygamie, fait scandale, mais connaît un grand succès auprès du public kinois, et surtout auprès des femmes de tous âges et de toutes conditions un immense succès, «Kapwepwe», « Motayo », « Marketing International », « Koba », « Monama », « Mudizo », etc., c'est la consécration. Elle fait sa première tournée en Ouganda, en République Centre Africaine, au Congo-Brazzaville et en Afrique de l'Ouest. Elle se rend célèbre grâce à cette tournée. Le Festival des arts et cultures nègres « Festac'77 », a lieu à Ikeja, dans la banlieue de Lagos au Nigeria. Le ministère de la culture et des arts de la République du Zaïre crée l'Orchestre national du Zaïre, Onaza, qui a deux ailes : aile Franco et aile Tabu Ley.

    Elle fait partie de l'orchestre national du Zaïre, aile Luambo, qui avait au chant : Josky Kiambukuta, Mpongo Love, Ndombe Opetun, Youlou Mabiala, Checain Lola, Michel Boyibanda, à la guitare solo : Luambo et Michelino Mavatiku, à la guitare rythmique : Simaro Lutumba, à la guitare basse : Decca et Flavien Makabi, à la batterie : Pajos et au tumba : Depuissant et Desoin.

    DIATRIBE AVEC ABETI MASIKINI

    En 1977, tantine Abeti Masikini lance la chanson « Bilanda landa ». L'interprétation erronée du public provoque un antagonisme entre les deux chanteuses. Ils disent que selon la chanson d'Abeti, malgré le succès récolté par Mpongo Love, elle n'est qu'une imitatrice, un suiviste ou un suiveur, c'est-à-dire, une personne qui s'inspire d'autrui, qui ne fait que suivre.

    Ecoeurée, elle s'enfonça dans les mauvaises pensées. Mpongo Love lui répond par la chanson « Koba », dans laquelle elle chante « Okeyi kotuna nganga soki ozalaka na lisuma, lisuma te, motema na yo mbindo » (Tu es parti demander au devin si tu étais maudite, il te répondra que ce n'est pas une malédiction, mais plutôt tu as un mauvais coeur). La réponse de Love a provoquée la colère d'Abeti. La concurrence était rude. C'était le début d'une rivalité terrible qui n'a prit fin que grâce à l'intervention personnelle du doyen Kalonji Ngoy de la Télévision nationale, qui les a réconciliées en direct à la télé dans son émission Chronique musicale.

    MPONGO LOVE QUITTE EMPOMPO

    En 1980, elle se sépare avec Empompo pour profiter de l'expérience extérieur et pour modifier sa façon de travailler. Empompo encadre une nouvelle chanteuse, il s'agit de Vonga Aye. Le groupe musical de Mpongo, Tcheke Tcheke Love reprend ses activités sous une nouvelle formule dirigée par Merry, un ancien directeur artistique de l'orchestre de l'armée « Orfaz ». Elle devient productrice de ses albums sous le label « Love's Music ». Elle se rend en Côte d'Ivoire, elle donne des concerts au Centre poliomyélitique de Banoua. Les recettes ont été versées à la caisse du centre. Elle est acclamée dans toute l'Afrique.

    CARRIERE INTERNATIONALE

    Elle sort à Paris l'album « L'Afrique danse avec Mpongo Love » aux éditions African Music et ensuite aux éditions Safari Ambiance, grâce à Souzy Kaseya, elle sort l'album « Vivre avec toi », qui avait comme titre phare « Yoko » et contenait des titres comme « Rebe », « Vivre avec toi », etc. Elle enregistre aussi à Paris aux éditions Mélodie, l'album « Partager » avec Bopol Mansiamina. Son style se transforme, c'est devenu maintenant une rumba aux accents romantiques dominée par son chant séduisant, une poésie allègrement romantique, le synthétiseur et les percussions. Elle sort plusieurs chansons dont « Ba nkake » oeuvre du professeur Oscar Diabanza, «Masikini », qui parle du divorce, « Trahison », qui exploite le thème de la mauvaise compagnie, « Femme commerçante », qui loue la bravoure de la femme et « Fétiche Mpongo », dédiée à sa mère. Quelques temps après, elle s'installe au Gabon.
    LA MALADIE ET LA MORT

    Elle était malade depuis le Gabon. Elle souffrait de méningite cérébrale. Après plusieurs semaines d'internement aux Cliniques Universitaires de Kinshasa, elle s'éteint le 15 janvier 1990, elle avait 34 ans, quelques jours après Vadio Mambenga et quelques jours avant Empompo Loway. Toute sa carrière a été marquée par le courage d'une femme qui s'est intégrée dans la musique avec intelligence et conviction.
    allafrica

     

     

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