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    Ken Marcus : Martin N’terry n’a pas gagné des millions de dollars au loto

    A l’état civil, il s’appelle Marcel Ouédraogo. Mais dans le monde des médias burkinabè, il est plutôt Ken Marcus. Journaliste et animateur-radio comme il se présente lui-même, Ken Marcus, qui doit cette identité à un personnage de série télévisée (Ken) et son amour de l’allemand (Marcus), reste le même « Wango » pour son grand-père au village, même si depuis quelques mois qu’il vit aux Etats-Unis, il est devenu « Ken le Yankee ».
    Par ailleurs manager de Martin N’Terry, Ken Marcus qui prépare de grands projets pour le rayonnement de la culture burkinabè en Amérique, dément que celui-ci ait gagné des millions au loto.

    Depuis quand vivez-vous aux Etats-Unis ?

    Je vis continuellement aujourd’hui aux USA depuis mai 2004.

    Quel a été votre parcours ?

    De la Côte d’Ivoire où j’ai commencé les bancs à 4 ans et demi j’ai continué ma scolarité au Burkina et suivi des cours par correspondance avec certaines universités étrangères. J’ai fait le CFPI (Centre de Formation Professionnelle de l’Information). Je n’aime pas trop parler de diplôme car moi je préfère toujours la compétence à l’Intellect pur et dur.

    Sur le plan professionnel je dirais que j’ai commencé peut-être tot dans l’émission télévisée des enfants "Tantie Léo" sur la RTI en Côte d’Ivoire. J’ai fait radio Cascade pendant mon service SND ( Service National pour le Developpement). J’ai travaillé à Radio Salankoloto (j’y ai occupé des responsabilités). J’ai fait un passage à Savane FM et collaboré avec certaines radios de la place.

    J’ai aussi collaboré avec certains jouranaux de la place. J’ai également fait des passages à radio Occitania à Toulouse, Radio CFM à Caussade (France),...J’ai servi de correspondant pour certaines radios étrangères parmi lesquelles "Radio Africa International" basée à Vienne en Autriche (Fespaco 2001) ; radio "Centre Ville" à Montreal au Canada, correspondant de "Francophonie Diffusion",...

    J’ai suivi également des stages de formation professionnelle en journalisme en Afrique et en Europe. J’ai aussi, avec mes propres moyens, participé à des festivals sur le plan international ( Womex en Allemagne, Midem en France, Fespam au Congo, Seattle International Film Festival aux USA,...) Sans compter ceux organisés au Burkina. En bref, j’evolue dans le domaine de la culture et du show-biz international. J’investi le plus souvent de moi-même pour ma propre formation.

    Quelles sont vos activités aux Etats-Unis ?

    Aujourd’hui installé aux US, j’evolue toujors dans le même registre de la culture et du show-biz avec bien sûr une extension sur le monde des affaires. Pour cela je me forme toujours et j’ai même bénéficié d’une bourse de l’Etat americain pour un an renouvelable. Comme quoi on n’a pas toujours besoin de "bras longs" comme sous certains cieux pour faire valoir ses compétences.

    Je ne connais aucun ministre ici. J’étudie donc pour ce trimestre le "journalisme’, ’business’, ’musique’ et ’acting( jeux d’acteur). Je me bas pour pouvoir jouer très prochainement sur les plateaux americains. Chose difficile mais pas impossible. Un réalisateur d’ici m’a dit que j’ai un avantage avec mon ton africain et un accent franco-britanisé et je parle plusieurs langues.

    Dans les tout prochains mois je ferais de la science politique. Ici quand vous bénéficiez par exemple de la bourse vous choisissez de faire les cours que vous voulez. C’est aussi ça la Liberté !

    Je continue sur le plan national et international à manager des artistes. Je travaille avec Fulgence Compaoré (France), Martin N’Terry (USA), Hado Ima(Italie), Chico Cesar(Bresil),...

    Je suis sur l’écriture d’oeuvres littéraires (roman, poésie, nuvelles). Mon roman qui sera filmé est presque prêt. Il s’intitule "Ni d’ici, ni d’ailleurs". Il parle en général de la question d’immigration. Je fais également des collections sur le président Thomas Sankara.

    Avez-vous des contacts avec la diaspora burkinabè ?

    C’est la moindre des choses pour un burkianbè amoureux de son Faso natal comme moi. Pour avoir beaucoup voyagé je suis en contact avec pas mal de burkinabè dans plusieurs pays. Le devellopement du Faso passera par nous aussi. Ex : Un de mes Kôrô (grands frères), Samuel Kiendrébéogo m’a appelé le 11 très tot le matin pour m’informer qu’il a été décoré à l’occasion de la fête de l’Indépendance. Vous voyez, cela fait plaisir. Il y a le respect. C’est comme ça, je suis en contact avec beaucoup de gens.

    J’agrandi de jour en jour mon carnet d’adresse. Ceux qui sont interressés peuvent me joindre à : ken_bf@yahoo.fr ou ouedraogo@tmail.com

    Y a-t-il des actions de promotion de la culture burkinabè aux Etats-Unis ?

    Les USA sont un pays d’opportunités. C’est un grand pays de Liberté avec beaucoup d’ouverture sur ce milieu. Mais le problème d’immigration est très complexe. C’est vrai que je suis en règle dans ce pays mais je n’aimerais pas m’attirer certaines foudres sur moi. Vous avez suivi l’affaire "Tidiane Coulibaly"(paix en son âme) qui a été politisée rien qu’au pays. On l’avait même surnommé "Papa Wemba".

    Ici j’ai beaucoup de contacts en la matière et j’accorde les violons afin de faire tourner des artistes du Faso aux USA et Canada. Je suis presque fin prêt pour me lancer mais ce n’est pas une course de vitesse. Il faut beaucoup de demarches administratives. Tout ira au mieux je l’espère.

    Avez-vous gardé des contacts avec le Burkina ?

    Il le faut. J’ai des contacts avec des gens de tous les milieux. C’est comme si j’étais au pays. Je suis toute l’actualité de mon Faso.

    Comment appréciez-vous l’évolution de la culture burkinabè ?

    La culture au Burkina a toujours existé. Elle a cependant été longtemps renfermée sur elle-même au profit des autres. C’est vrai qu’on ne peut pas demander à un enfant pourquoi il n’est pas adulte. Il faut le laisser grandir. A tous les niveaux on peut faire des appréciations diverses.

    A part par exemple le musée de Manéga qui est l’un ou même le plus fourni, vous ne ferez pas plus de 15 mn de visite dans les autres musées (Gaoua, etc.). Le musée national pour son titre reste à désirer. Il y a pourtant autant de richesses dans notre patrimoine à faire valoir. Faites un tour aux ruines de Lorepeni et ecoutez les guides qui n’ont pas une maitrise des lieux. Ça fait pas bien pour notre culture.

    Arretons-nous là et voyons du côté de la musique car pour le commun des burkinabè dites ’culture’ et il pensera tout de suite "musique". Il faut qu’on éclaire la question de savoir la différence entre la musique burkinabè et un burkinabè qui fait de la musique.

    Analysons le second cas. Dans les années 60 les anciens ont beaucoup plus dansé au rythme de la musique congolaise, française, salsa, cubain et autre. On était déjà colonisé. Certains ont pu faire la difference après( Oger Kakoré, Georges Ouedraogo, Sanwidi Pierre,...) La révolution de 1983 est venue donner un grand coup de pouce au milieu (certains diront non à juste raison). Blaise Compaoré a, si je ne me trompe, au debut des années 90, doté des groupes d’orchestre complet (10 au total si j’ai bonne memoire). Environ deux ou trois ont toujours leurs matos. Les autres ont liquidé pour eux dans les pays voisins en pieces détachées.

    L’avenement si l’on peut le dire de la musique au Faso fut l’arrivée de Seydoni Production. La duplication sur place a surtout arrangé les choses. Tout le monde est ensuite devenu chanteur. Faut-il blamer quelqu’un ? Non, il faut encourager l’Art. Il faut laisser les gens s’exprimer et le temps et les melomanes fairont le tri.

    Les artistes dans la plupart sont leur propre manager et tout à la fois. Les artites se croient plus malins que leurs managers pour ceux qui en ont et les managers souvent melangent ou mangent les choses. Dificile.

    Le soutien au milieu fait defaut ou est mal geré. J’ai eu à reprocher à la presidente du PSIC(Programme de soutien aux initiavies culturelles decentralisées), Madame Félicité Kaboré, lors du 1er bilan de fin du PSIC certaines choses. Cela a été mal vu par Monsieur Oumarou Nao qui était sur la table des conférenciers du jour. Ce n’est pas parce que je suis un simple journaliste que je ne peux pas contribuer. Dites-moi, où est le PSIC aujourd’hui ? .... Pour mauvaise gestion.

    Le Maha mondial (Mahamoudou Ouedraogo) a beaucoup fait. Les journalistes et animateurs font de leurs mieux mais il reste encore cette petite blessure : Convaincre un certain public. On travaille tous à cela car il y a toujours des gens qui peuvent faire avancer les choses.

    Avez-vous des projets pour le Burkina ?

    Et pour le Burkina et pour l’Afrique. Je prépare un site internet qui sera avec le travail abattu un des plus complets de la culture du Burkina. Je travaille egalement sur des eventuelles productions sur toute la ligne d’artistes burkinabè et aussi faire tourner les artistes de chez moi en Amerique. J’ai échangé des idées d’un projet avec mon kôrô Boureima Djiga. Je fais présentement un travail avec Noufou Zougmoré du journal Evenement sur la collecte d’infos sur des personnes historiques africains (Ki-Zerbo, Hamadou A Bâ,...)qui sortira en CD, livre,... On devrait être au Mali en ce mois de decembre mais pour des raisons de calendrier cela est reporté. Vous voyez qu’on ne chôme pas pour autant.

    un mot pour finir ?

    Mon artiste Martin N’terry et moi sommes surpris par la rumeur selon laqelle il aurait gagné des millions de dollars à une tombola. Je demens l’information et dis à tous ses fans de se mefier de certaines informations. Nous allons ainsi commencer à jouer à la lotto car on nous a jetté la chance.

    Pour finir j’aimerais remercier l’équipe de Lefasonet pour le travail abattu au quotidien et inviter tous ceux qui ont des infos quelconques sur des artistes burkinabè de les partager avec moi car je prepare une grande vitrine sur la toile pour notre culture.

    Les gens repondent à des articles sur Lefaso.net sous le couvert de l’anonymat. Dificile d’échanger avec eux sur certains points pour la construction de notre cher Faso.
    lefaso

     

     

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