 De la mécanique aux scènes européennes les plus huppées
Laye Sow, le lead vocal du groupe Yélitary, est un musicien sénégalais qui a longtemps séjourné en Europe avant de revenir au bercail. Et dans ses bagages un projet ambitieux pour les jeunes musiciens. Très populaire en Europe, Laye est presque inconnu chez lui. C’est pour résorber ce gap qu’il a effectué ce « come-back ». Parcours d’un artiste atypique, de la mécanique aux scènes européennes les plus huppées. Rien ne prédestinait ce jeune homme, originaire de Ndioum, à faire carrière dans la musique. De par ses origines peulh, ses parents, particulièrement son père, étaient réfractaires à ce qu’il embrasse le métier de musicien. Croyant, comme la plupart des parents à l’époque, que la réussite passait exclusivement par l’école, ses géniteurs l’ont envoyé à l’établissement scolaire de la localité. Le petit Laye Sow devait y user ses culottes, mais le garçon avait l’esprit ailleurs. Soucieux de la réussite sociale de leur môme, ses parents ont pensé qu’il devait avoir un métier. Et la mécanique leur paraissait appropriée pour lui permettre de se faire une place au soleil. Là aussi, Laye n’était guère enthousiaste… C’est qu’il avait contracté le virus de la musique.
Ses débuts dans la musique
Laye Sow avait pris l’habitude de faire le tour des manifestations culturelles, pour montrer ses talents d’artiste. Ses prestations finiront par mettre tout le monde d’accord sur le fait qu’il a un potentiel énorme. C’est ainsi qu’avec certains musiciens de la localité, il a commencé à faire des tournées dans tout le Fouta et au-delà, plus précisément en Mauritanie. Ses parents, qui étaient réfractaires au début, commencèrent à y croire. Sa mère, qui l’écoutait souvent chantonner, l’encouragea à persévérer. Finalement, il obtint la bénédiction de son père ; et c’est ainsi qu’il débarqua à Dakar en 1992. Son premier groupe musical dans la capitale, il l’a formé avec la complicité d’un ami, Alioune Guèye. Il se souvient de cette formation musicale comme si c’était hier. « Le groupe s’appelait Feeling boys. On se donnait à fond pour avoir une place au soleil. Malheureusement, l’orchestre a fait long feu », déclare-il.
Le perfectionnement au niveau de l’orchestre national
La raison ? Elle est toute simple, Laye était sur le point d’être auditionné par l’orchestre national, dirigé à l’époque par Sanou Diouf. Il réussit avec brio ce test, qui constituait pour lui un tremplin lui permettant d’intégrer un groupe moderne et bien structuré, avec des monuments de la musique sénégalaise, comme Pape Seck « Dagana ». D’ailleurs, souligne-t-il, « Pape Seck m’a beaucoup aidé à me perfectionner dans la musique. Et dès le début j’ai montré des dispositions, qui faisaient que le chef d’orchestre Sanou Diouf disait que je ferais une belle carrière musicale ». Deux ans après, n’ayant pas eu de production, il quitte l’orchestre national pour une carrière solo.
La musique de variétés, un tremplin pour l’Europe
Les notes de guitare n’ayant plus de secrets pour Laye Sow, sa voix aidant, il se lance dans la musique de variétés à travers les hôtels de la Petite Côte et de Dakar. Une expérience qui lui a permis de renforcer sa technique vocale et instrumentale. Laye excellait dans l’acoustique, une musique très prisée des Européens. Ses prestations finiront par payer. Des touristes, séduits par le talent de ce jeune foutanké, lui proposeront un contrat pour se produire en Gambie. Dans ce pays et surtout dans le milieu touristique, Laye se fait un nom, grâce à ses prestations de haute facture. Un couple hollandais l’enregistre à son insu, avant de sortir deux singles de son répertoire. Les Cd font un tabac en Europe. C’est sur ces entrefaites qu’un artiste et producteur anglais, du nom de Nola Marshall, est tombé sous le charme de ce jeune musicien sénégalais.
La conquête du monde
Ce sont ses trois morceaux qui lui ouvriront les portes de l’Europe en 1999. Les titres présentés à des maisons de disque permettront à Laye de participer à 35 festivals, entre l’Angleterre, le Canada, L’Allemagne, les Etats-Unis… Sa musique gagne l’Europe et l’Amérique. Laye Sow est invité à jouer dans de grandes scènes mondiales comme Central Park London, Real Hola Festival… avec des figures emblématiques de la World music, à l’instar de Sting, Alpha Blondy, Lucky Dube , Myriam Makéba… Très populaire en Europe, Laye Sow n’en demeure pas moins un illustre inconnu au Sénégal. De retour au pays, il veut résorber ce gap. Avec de jeunes musiciens, il a mis en place un groupe, Le Yélitary, pour conquérir le cœur de ses compatriotes. D’ailleurs, il est en studio pour l’enregistrement d’une nouvelle production. Son nouvel opus est composé de plusieurs sonorités, du Mbalax au folk en passant par le Jazz. Parmi ces morceaux figure un tube « président », dédié au chef de l’Etat. Le produit, nous dit-on, sera sur le marché à la fin de ce mois. www.loffice.sn
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